Opinione dettagliata di Solea
La ville de Takayama est très étendue, succession de maisons individuelles ou de petits immeubles. Ici, point de grands immeubles modernes comme dans les grandes villes japonaises. C'est un peu vieillot, sans être traditionnel, et cela n'a point de charme. Face à la gare, en suivant la grande avenue, on se rapproche du centre-ville et du quartier Sanmachi, un ensemble de 3-4 rues bordées de petites maisons traditionnelles entièrement construites en bois de cyprès et donc de couleur très foncée. Chacune abrite une petite boutique d'artisanat, quand ce n'est pas une boutique pour touristes, ou bien une distillerie de saké. Ces dernières se reconnaissent à la grosse boule en bois de cèdre suspendue au-dessus de l'entrée. Pour être francs, nous y sommes revenus deux fois tant la balade était agréable et tant les boutiques nous ont fourni de beaux souvenirs à ramener aux proches restés en France.
Mais juste avant de traverser le pont qui mène au quartier Sanmachi, tournons à droite et atteignons une placette. Certains matins, un petit marché, qui regroupent toutes les fermières des alentours de Takayama, s'y tient et l'on peut y acheter des légumes et des fleurs. Une grande bâtisse, cachée par un imposant portail de bois, tel un petit château fort, se cache derrière les stands. Il s'agit de l'ancienne résidence des gouverneurs de Takayama, le Takayama Jinya, l'endroit que nous sommes venus visiter.
Takayama Jinya8
Valutazioni
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Accessibilità
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Da vedere/da fare
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Rapporto qualità/prezzo
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Cet endroit incomparable, car il n'existe qu'une seule demeure de ce type dans tout le Japon, est l'ancienne résidence des seigneurs Kanamori, construite en 1615. Quand la lignée se fut éteinte, elle fut habitée par les shoguns Tokugawa qui régnaient sur la province et avaient un rôle comparable aux gouverneurs. C'est ainsi qu'en plus de servir de demeure, elle fut utilisée comme bureaux pour l'administration de l'Etat pendant 176 ans. Notons que la demeure que nous visitons a été reconstruite en 1816 et n'est donc pas celle d'origine.
Le billet d'entrée est à 320 yens, soit 3,50 euros, ce qui ne va pas nous ruiner. Une petite notice explicative est fournie avec le ticket, complétée par quelques panneaux dans les différentes pièces. On traverse la cour garnie de graviers pour atteindre l'entrée principale. Comme le sol de la demeure est tapissé de tatamis qu'il ne faut pas abîmer, nous nous déchaussons. Des sacs plastiques nous sont fournis pour transporter nos chaussures jusqu'à la sortie, de l'autre côté du bâtiment. Le Japonais est organisé!
La bâtisse forme une sorte de U (si je schématise, car en réalité elle est beaucoup plus biscornue) qui entoure un patio, petit jardin japonais des plus agréables, qui invite à la quiétude. Dans les méandres que forment les couloirs, nous croiserons d'autres jardinets coincés entre les murs.
Les premières pièces sont en fait les bureaux des fonctionnaires d'Etat: ici travaillaient les administrateurs, les comptables et la police du district géré par la préfecture de Takayama. Difficile d'imaginer ce qu'ils faisaient exactement en ces lieux car il y a peu de mobilier présent, à l'exception de petits bancs. Avaient-ils des bureaux pour écrire? Le mystère demeure... Dans tous les cas, les pièces sont très vastes et peuvent se découper en pièces plus petites si l'on tire les parois en papier de riz.
La décoration aussi est des plus sobres puisque les murs sont blancs et que seuls quelques dessins, par endroits, rappellent qui était le propriétaire des lieux: les demi-cercles enchâssés les uns dans les autres (en réalité des vagues) représentent le symbole du pouvoir.
Nous dépassons les salles réservées aux fonctionnaires administratifs pour rejoindre une deuxième entrée, plus secrète, par laquelle arrivaient les messagers mais aussi les personnages importants. Un foyer, sur lequel est suspendu un crochet soutenant une théière en fonte, permettait de se réchauffer et de s'installer dans cette petite pièce pour une conversation demandant la plus grande confidentialité. Des ordres en provenance de personnes haut placées étaient donnés mais c'est aussi en ces lieux que l'on dévoilait les traîtres au pouvoir. Une petite salle annexe servait de cuisine afin que les domestiques puissent servir aux hôtes de quoi se restaurer. Nous verrons aussi les petits coins!
Nous passons ensuite dans les parties privées où séjournaient le gouverneur et son épouse. Ce sont de vastes salles aux cloisons mobiles et toutes possèdent un foyer pour préparer le thé. Elles donnent sur le jardin intérieur plantés de grands pins tortueux. On est un peu déçu de ne trouver que des placards et aucun objet de décoration. Au fond du couloir, la cuisine impressionne par sa taille et ses poutres de bois. De larges jarres en céramiques, recouvertes d'un bouchon de bois, permettaient de faire cuire le riz pour toute la maisonnée.
Le chemin nous ramène vers des bâtiments plus administratifs avec une salle modulable qui servait de salle de conférences. Point de vidéo projecteur cependant, que du tatamis à perte de vue et des cloisons coulissantes qui permettaient de partager la salle en 3 petites pièces. Ici avaient lieu les cérémonies officielles juste à côté de... la salle de torture!
Oui l'administration possède sa propre police qui avait apparemment les moyens de faire parler. Au départ, on ne voit qu'une petite cage en osier (un peu ridicule), une planchette et des briques mais les illustrations (sortes de mode d'emploi de la torture) nous indiquent comment les utiliser. Effectivement, se retrouver sur une planchette hérissée de piques, écrasé par des blocs de briques, ne devait pas être une partie de plaisir!
La visite n'est pas encore terminée mais presque. Nous atteignons les granges à blé qui servaient à stocker les impôts payés en nature. Je ne sais pas exactement combien de kilos de blé devait donner chaque agriculteur mais cela m'a rappelé les cours sur les paysans au Moyen-Age, sous le joug du seigneur. Ces granges ne contiennent aujourd'hui plus de blé mais servent de lieu d'exposition. On peut y voir des lettres et des édits rédigés par les gouverneurs, des cartes de la province, une armure de guerre ainsi que des photographies anciennes des gouverneurs les plus récents ( qui ont vécu ici jusqu'à la fin du XIXème siècle ).
Une heure plus tard, nous ressortons du musée, nos chaussures au pied. Direction les toilettes avant de quitter les lieux.
On a découvert la maison d'un gouverneur de province ( avec ses "trucs" pour isoler du froid et pour que la neige ne rentre pas! ), une demeure unique qui servait aussi de bureaux administratifs, de réserve de grain, de salle de torture et de lieu de réunion. On aurait cependant aimé en savoir un peu plus sur le travail effectué par les fonctionnaires, d'autant plus que les salles ne sont pas meublées. On a donc du mal à imaginer la façon dont ils pouvaient travailler, où étaient rangés les livrets de compatbilité, les archives... Plus de panneaux informatifs en anglais auraient été les bienvenus. De même, passé le portail et le mur d'enceinte, assez impressionnants et peut-être d'époque, vu l'état, on est un peu déçu par une grande partie de l'architecture extérieure de la maison, qui rappelle qu'elle ne date pas du XVIIème mais du début du XIXème. Même sans le savoir, cela se ressent.
Cependant, la visite s'avère enrichissante et peut facilement s'insérer dans une balade à travers la ville. Takayama n'est pas une très grande cité et la plupart des attractions locales sont regroupées au centre. La demeure des gouverneurs se situe non loin du quartier traditionnel Sanmachi, qui offre l'occasion de faire un peu de shopping mais aussi d'apercevoir des chars utilisés lors du festival de la ville. Plusieurs autres maisons traditionnelles peuvent être visitées mais elles me paraissent avoir tout de même moins d'intérêt que celle du gouverneur.