Opinione dettagliata di madmike
madmike(35)
PARIS, Francia97%
Préambule
François III d’Aubusson (1625-1691) est aujourd’hui à peu près inconnu, et pourtant ce maréchal-duc au service du roi Louis XIV collectionna les titres, puisqu’il fut comte de La Feuillade , puis Duc de Roannais et Pair de France , ainsi que vicomte d'Aubusson , marquis de Boisy , baron de La Borne et premier baron de La Marche , sans compter ses distinctions de colonel des Gardes Françaises , Maréchal de France et chevalier de l’ordre du Saint-Esprit .
Je me demande si ce brave François III arrivait à inscrire tous ses titres sur sa carte de visite (bon, d’accord, la pratique de la carte de visite ne se répandit qu’au XIXème siècle, et il n’avait donc point à s’en soucier), et il ne fut d’ailleurs point le seul de sa famille à s’illustrer alors, puisque son frère fut prince-évêque de Metz et son fils, héritier de ses titres nobiliaires, fut également maréchal de France .
L’homme est pourtant bien oublié aujourd’hui, et ce membre de la famille d’Aubusson est proche de faire tapisserie dans l’Histoire. Seule une discrète rue de Paris lui rend hommage, mais sans doute point tant pour sa carrière militaire et courtisane que pour son rôle dans la création de la Place des Victoires , un des chefs d’œuvre de Jules Hardouin-Mansart et sa première intervention urbanistique dans la capitale
En conclusion
La Place des Victoires a souffert durant l’histoire, mais triomphé des vandales.
L’ élégance des façades courbes dessinées par Jules Hardouin-Mansart et les proportions fort heureuses de cette place aux dimensions raisonnables, loin des grandes machines écrasantes qui viendront ensuite à Paris, la rendent fort harmonieuse, malgré les atteintes qu’elle a dû subir au cours des siècles, qui ont quelque peu défait le projet originel.
La place était assurément l’un des chefs d’œuvre de son architecte, qui sans le contrôle direct de son souverain Louis XIV a pu s’exprimer pleinement, et malgré les aléas elle reste fort intéressante à voir. L’on a depuis longtemps oublié qu’elle célèbrait la paix de Nimègue , mais elle vaut assurément un petit détour lors d’une promenade parisienne
Note : 7/10
Place des Victoires7
Valutazioni
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Accessibilità
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Da vedere/da fare
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Rapporto qualità/prezzo
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Possibilitá di passeggiare
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Au cœur de Paris
La Place des Victoires fut édifiée à l’époque non loin des remparts en déshérence de la ville, mais l’expansion urbaine a fait que cette situation alors à la lisière de la cité est désormais en plein cœur de la ville, puisque l’on se trouve là non loin du Palais Royal , de la Bibliothèque Nationale (la vraie, pas l’extension moderne voulue par François Mitterrand ) et de la Bourse .
La place est à la limite des actuels Ier et IIème arrondissements, sur la rue Etienne Marcel qui célèbre ce prévôt des marchands qui résista au pouvoir royal, et elle est ainsi aisément accessible lors d’une promenade piétonnière dans ces quartiers de Paris si chargés d’histoire
Une courbe baroque et surprenante
Jules Hardouin-Mansart était l’architecte favori de Louis XIV (il fut non seulement Premier Architecte du Roi , mais également chevalier de l’Ordre de Saint Michel et comte de Sagonne , marques exceptionnelles de faveur royale), et les bâtiments qu’il conçut pour le roi sont souvent marqués par un caractère rectiligne assez rigide, l’exemple le plus évident en étant le château de Versailles .
L’architecte n’était cependant point ennemi de la courbe , comme il l’avait démontré dans sa jeunesse avec la voûte de l’hôtel de ville d’Arles , un tour de force dont la forme irrégulière est digne des créations actuelles de l’américain Frank Owen Gehry , et il trouva à l’exprimer dans ce projet d’initiative privée, même s’il était destiné quand même à glorifier le souverain.
La place est ainsi ovoïde tronquée, avec une série de façades courbes déployant leurs pierres en une courbe élégante , et l’on retrouve ainsi cet usage de la courbe si fréquent dans le baroque italien, mais beaucoup moins dans le Grand Siècle français, plus amateur de rectitude. La courbure des façades est un élément typiquement baroque, mais leur ornementation sobre est elle dans la ligné des réalisations françaises : il ne s’agit pas ici de faire un de ces festivals un peu excessif vers lequel le baroque dériva facilement, mais seulement de ne point s’interdire une forme, si elle était utile au projet.
Il s’agissait en fait de réaliser un écrin pour la statue du roi, et cette place était ainsi une de ces œuvres d’art global typiques du baroque, mais avec une touche de classe bien française
Une place de belle allure, malgré les vicissitudes de l’histoire
La place des Victoires a été victime du vandalisme de la Révolution et de la cupidité de la spéculation . La statue en bronze doré de Louis XIV par Girardon fut en effet détruite par les sans-culottes, et seuls les esclaves du socle furent sauvés (ils sont désormais au Musée du Louvre ), ce qui fait qu’elle a été remplacée par une nouvelle statue à la Restauration, due à François Joseph Bosio , nettement moins impressionnante. Et ensuite les spéculateurs ajoutèrent des étages à certains bâtiments, afin d’en augmenter la surface habitable et donc la valeur, au mépris du projet originel, tandis que des rues supplémentaires étaient percées.
Malgré cela, la place a encore belle allure : les façades courbes répondent au socle parallélépipédique de la statue, la statue équestre, sans être un chef d’œuvre, focalise les regards au centre, et l’allure générale a ainsi été préservée, malgré les atteintes. Le concept de Jules Hardouin-Mansart a certes été passablement atteint par les interventions, mais sa force était telle que même ainsi la place a de la gueule, si je puis me permettre cette expression, et mérite assurément le coup d’œil